Atelier d'un peintre Renard : toiles au sol, encre noire et natures vivantes — talentsartistiques.com

Peintre Renard : le patronyme qui brouille les pistes, et l’artiste qui s’en détache

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Tapez « peintre Renard » dans un moteur de recherche : au moins six artistes répondent présent, répartis sur deux siècles. Le peintre Renard le plus actif et le mieux identifié aujourd’hui est Emmanuelle Renard, née à Paris en 1963, figure majeure de la figuration française contemporaine. Ses toiles, peintes à même le sol, mêlent huile, acrylique et encre. Ses œuvres sont conservées au musée Faure d’Aix-les-Bains et au musée de Brive-la-Gaillarde. Cet article démêle les homonymes, détaille sa technique et donne les prix réellement observés.

Ce qu’il faut retenir

  • Technique signature : toile posée au sol, superpositions d’huile, d’acrylique et d’encre, puis tracés noirs au calame (roseau taillé).
  • Série phare : À sauts et à gambades (2014-2015), précédée de La Cuisine des nécessités (2009-2011).
  • Style : figuration déformée, couleurs saturées, scènes improbables — une « nature vivante » plutôt qu’une nature morte.
  • Galeries : Champetier, Univer, Vidal Saint-Phalle, Suzanne Tarasiève, Schwab.
  • Musées : musée Faure (Aix-les-Bains), musée de Brive-la-Gaillarde.

Qui est réellement le peintre Renard que cherchent les collectionneurs ?

Dans la quasi-totalité des cas, la requête « peintre Renard » vise Emmanuelle Renard, née à Paris en 1963. Elle est peintre, dessinatrice, graveuse et céramiste — quatre métiers qu’elle n’a jamais vraiment séparés.

Son enfance se passe à Vallauris, capitale française de la céramique d’atelier. Ce n’est pas un détail. Elle grandit dans une famille d’artistes reconnus : son père est, selon L’Agora des arts, le peintre et graveur James Coignard (1925-2008), l’une des signatures les plus diffusées de l’école de Nice. On apprend à tenir un pinceau comme on apprend à marcher.

Formation à la Villa Arson, à Nice. Première exposition personnelle en 1985, à Vallauris, à vingt-deux ans. Depuis 1986, elle expose sans discontinuer : Paris, Hambourg, Francfort, Karlsruhe, Londres, Bruxelles, Copenhague, Genève, Bâle, Stockholm, Beyrouth, Chicago, Los Angeles. En 2013, la Fondation Charles Oulmont lui décerne son prix dans la catégorie Arts plastiques.

Elle vit aujourd’hui entre Paris et Pondichéry, en Inde. Deux ateliers, deux lumières, deux rapports au désordre.

Les autres peintres Renard, et comment les distinguer

Le patronyme est encombré. Avant d’acheter une toile signée « Renard », mieux vaut savoir laquelle.

Artiste Période Spécialité Repère de prix
Mary Renard 1849-1925 Paysages, scènes de rivière 150 à 2 500 € ; record 2 100 € (Pêcheurs au bord de la Sarthe)
Émile Renard 1850-1930 Peintre et graveur, professeur à l’École des beaux-arts de Paris Marché confidentiel
Paul Renard 1871-1920 Élève de Gustave Moreau, ami de Rouault, portraits de femmes Marché confidentiel
Raymond Renard 1929-2002 Belge, décors de théâtre, affiches, costumes Marché confidentiel
Christian Renard Né en 1941 Paysages urbains et ruraux Indice i-CAC 0,74
Emmanuelle Renard Née en 1963 Figuration, huile / acrylique / encre, gravure, céramique Indice i-CAC 0,51 ; format 15F ≈ 1 720 €

Détail savoureux : sur l’échelle de l’indice i-CAC, Christian Renard devance Emmanuelle Renard. Les indices de cotation mesurent des volumes de transactions, pas une place dans l’histoire de l’art. Les deux choses ne se superposent presque jamais — un décalage que l’on retrouve chez beaucoup de femmes peintres contemporaines françaises.

Technique et style : comment travaille le peintre Renard ?

Emmanuelle Renard peint par terre. La toile est posée à plat sur le sol de l’atelier, et elle tourne autour. Cette position change tout : plus de haut ni de bas imposés, plus de gravité qui décide du sens de la coulure.

Les matières s’empilent. Huile, acrylique, encre, parfois sur le même support, dans un ordre qui n’obéit à aucun protocole d’école. Par-dessus viennent les grands tracés noirs, posés au calame — ce roseau taillé que les calligraphes utilisent depuis des siècles. L’outil est pauvre, rétif, il crache autant qu’il dessine. Il donne à ses papiers cette ligne nerveuse, un peu accidentée, impossible à obtenir au pinceau. Le détour par un instrument inattendu rappelle celui de Hans Hartung, qui troqua le pinceau contre une sulfateuse à vignes.

Technique du peintre Renard : tracé au calame et encre noire sur papier — talentsartistiques.com
Le calame, roseau taillé, donne aux papiers du peintre Renard leur ligne noire nerveuse.

Autre particularité : elle ne travaille jamais une toile à la fois. Plusieurs châssis avancent en parallèle, certains pendant des années. Une toile finie n’est pas une toile exécutée en une séance — c’est une toile qui a encaissé toute la vie de l’atelier, les reprises, les abandons, la musique qui tourne en permanence.

Le style, lui, a gardé la même colonne vertébrale depuis trente ans : une figuration qui refuse de se tenir droite. Les corps se déforment, les objets basculent, les couleurs montent dans les rouges et les ocres. La Fondation Charles Oulmont parle d’« un monde sens dessus dessous, où tout bascule en permanence dans des tons subtils et épais à la fois », et d’« un engagement physique dans la peinture, à la fois raffinée, et comme faite à pleines mains ».

Elle-même refuse le vocabulaire convenu. Ses poireaux, ses tomates, sa théière ne composent pas une nature morte : elle parle de « nature vivante ».

Qu’est-ce qui nourrit l’imaginaire d’Emmanuelle Renard ?

Une obsession, d’abord : peindre ce qui passe plutôt que ce qui est. Elle l’a formulé pour la galerie Champetier dans un texte qui tient lieu de manifeste :

« Je cherche le chemin invisible en quelque sorte, atteindre la réalité invisible des choses qui se trouve derrière la réalité apparente. […] Je ne peins pas l’être mais le passage de l’être. Je ne peins pas un cactus, un arbre, une chaise, mais le chemin invisible de la chaise. Comme un présent agité, fébrile, inquiet. »

Emmanuelle Renard, galerie Champetier

Les références qu’elle revendique dessinent une généalogie cohérente et plutôt rude : Goya, Soutine, Rebeyrolle, Chagall, Fragonard. Le surréalisme et l’expressionnisme traversent l’ensemble, Dalí compris. Côté littérature, Rabelais — pour l’excès, la nourriture, le corps qui déborde.

Et puis il y a l’Inde. Pondichéry n’est pas un décor exotique dans son travail : c’est un second atelier, une autre densité de lumière, un autre rapport au bruit et à la couleur. Les palettes s’y chargent.

Reste l’héritage familial, le plus encombrant. Grandir à Vallauris, fille d’un graveur coté, suppose de trouver une écriture qui ne doive rien à celle du père. Elle l’a réglé par la matière : là où James Coignard creusait le papier en reliefs maîtrisés, elle empile, salit, recouvre. Deux façons opposées de traiter la surface.

Quelle est la série phare du peintre Renard ?

La série la plus commentée est À sauts et à gambades, menée en 2014-2015. Le titre est emprunté à Montaigne, qui décrivait ainsi sa propre façon d’écrire dans les Essais : par bonds, sans plan, en suivant l’humeur. Programme idéal pour une peintre qui mène dix toiles de front.

Elle y pousse à son terme ce qu’elle avait engagé avec La Cuisine des nécessités (2009-2011) : faire entrer dans le tableau les objets les plus triviaux du quotidien. Poireaux, tomates, oursins, théière, motifs à carreaux, animaux. Des choses sans noblesse, traitées avec la gravité qu’on réserve d’ordinaire aux sujets d’histoire.

La critique y a vu un basculement : le motif domestique cesse d’être un prétexte formel pour devenir le sujet. Un poireau peint par Emmanuelle Renard n’est pas un poireau décoratif — c’est une figure, au même titre qu’un corps. La série Héroïque fantaisie prolonge cette veine, avec un humour plus franc.

C’est aussi la période où son travail entre dans les collections publiques : le musée Faure d’Aix-les-Bains et le musée de Brive-la-Gaillarde conservent aujourd’hui de ses œuvres.

Comment accrocher une toile du peintre Renard chez soi ?

Une œuvre d’Emmanuelle Renard ne se glisse pas discrètement dans un intérieur. Elle l’organise. Mieux vaut l’accepter dès le départ.

  • Donnez-lui le mur entier. Ces toiles saturées de rouge et de noir supportent très mal le voisinage d’autres tableaux. Un accrochage solitaire, centré, sur un mur dégagé : c’est la seule mise en scène qui fonctionne vraiment.
  • Fond neutre, mais pas blanc clinique. Un blanc cassé, un gris perle, un lin : les fonds chauds apaisent la vibration des rouges. Un mur blanc pur durcit le contraste et fatigue l’œil.
  • Éclairage rasant, jamais frontal. La matière est épaisse, parfois en relief. Un spot orienté à 30° environ fait apparaître les empâtements et les traces de calame. Un éclairage de face les écrase.
  • Hauteur d’accrochage : centre de l’œuvre à 1,50 m du sol, la hauteur de regard standard. Dans une pièce où l’on est surtout assis — salon, salle à manger — descendez à 1,40 m.
  • Styles compatibles : intérieurs sobres et contemporains, haussmannien dépouillé, loft industriel. Les décors déjà chargés — motifs, boiseries foncées, papiers peints graphiques — entrent en concurrence directe avec la toile.
  • Les papiers, une porte d’entrée. Encadrés sous verre antireflet avec une marge blanche généreuse, ses dessins au calame s’intègrent beaucoup plus facilement qu’une grande toile — et coûtent nettement moins cher.

Prix et cote : combien coûte une œuvre du peintre Renard ?

Comptez environ 1 700 € pour une toile de format moyen (15F) et 2 200 € pour une peinture sur papier en galerie. Les estampes démarrent autour de 250 €.

Type d’œuvre Format / période Prix observés
Estampe, lithographie, monotype Petits formats À partir d’environ 250 €
Peinture sur papier (acrylique) La ronde – Été, galerie Champetier 2 200 €
Toile, format moyen 15F (65 × 54 cm) ≈ 1 720 € (estimation i-CAC)
Toile, grand format Barème 50 points ≈ 4 120 €
Toile, très grand format Barème 100 points ≈ 7 560 €
Record en vente publique Printemps dedans, Rouillac Vendôme, 2020 ≈ 5 466 $

Le marché de cette artiste présente une anomalie qu’il faut connaître avant d’acheter. En galerie, les prix se tiennent. En vente publique, ils décrochent : les bases de résultats font état d’une œuvre adjugée 563 € en juin 2010 pour une estimation de 900 à 1 200 €, et d’une autre partie à 50 € en 2018. L’écart entre marché primaire et marché secondaire est considérable.

Ce phénomène n’a rien d’exceptionnel pour un artiste vivant dont la cote est portée par ses galeristes plutôt que par un flux régulier d’enchères. Il appelle une conclusion pratique : acheter en salle des ventes peut se révéler très avantageux, acheter en galerie relève du soutien à l’artiste autant que de l’investissement. À court terme, la revente est rarement profitable.

Le chiffre le plus révélateur n’est pourtant pas un prix. Emmanuelle Renard est classée 492e au classement i-CAC, avec un indice de 0,51 — alors qu’elle figure dans deux musées français, qu’elle a reçu un prix national et qu’elle expose sur trois continents depuis quarante ans. L’écart entre reconnaissance institutionnelle et indice marchand est, dans son cas, spectaculaire.

Où acheter : les galeries Champetier (Mougins), Univer, Vidal Saint-Phalle, Suzanne Tarasiève et Schwab à Paris la représentent ou l’ont représentée. En vente publique, surveillez Millon, Rouillac et les plateformes d’agrégation de résultats.

À retenir

  • « Peintre Renard » recouvre au moins six artistes ; la requête vise presque toujours Emmanuelle Renard, née en 1963.
  • Sa signature technique : toile au sol, huile-acrylique-encre superposées, tracés noirs au calame.
  • Série phare : À sauts et à gambades (2014-2015), après La Cuisine des nécessités (2009-2011).
  • Fourchette de prix : 250 € pour une estampe, 1 700 à 2 200 € pour un format moyen, record public ≈ 5 466 $.
  • Écart marché primaire / secondaire très marqué : acheter en enchères coûte souvent beaucoup moins cher.

Reste une question que le marché ne tranchera pas. Emmanuelle Renard peint depuis quarante ans un monde qui bascule, des objets qui refusent de tenir en place, des corps qui glissent hors de leur contour. Les indices de cotation, eux, ne savent mesurer que ce qui s’arrête assez longtemps pour être vendu. C’est peut-être la définition la plus exacte de son travail : une peinture qui échappe, y compris à ceux qui voudraient la chiffrer.

FAQ

Qui est le peintre Renard le plus connu aujourd’hui ?
Emmanuelle Renard, née à Paris en 1963. Peintre, dessinatrice, graveuse et céramiste, elle expose depuis 1986 en Europe et aux États-Unis, et a reçu le prix Charles Oulmont en 2013.

Combien coûte une œuvre d’Emmanuelle Renard ?
De 250 € environ pour une estampe à 7 560 € pour un très grand format, selon le barème i-CAC. Une toile de format moyen (15F) est estimée autour de 1 720 €, et une peinture sur papier se négocie environ 2 200 € en galerie.

Où voir des œuvres du peintre Renard en France ?
Le musée Faure d’Aix-les-Bains et le musée de Brive-la-Gaillarde conservent ses œuvres. Les galeries Champetier, Univer, Vidal Saint-Phalle et Suzanne Tarasiève en présentent régulièrement.

Quelle technique utilise Emmanuelle Renard ?
Elle peint à même le sol, superpose huile, acrylique et encre, et trace ses grandes lignes noires au calame, un roseau taillé. Elle mène plusieurs toiles en parallèle, parfois sur plusieurs années.

Comment ne pas confondre les différents peintres Renard ?
Vérifiez d’abord la période. Mary Renard (1849-1925), Émile Renard (1850-1930) et Paul Renard (1871-1920) relèvent du marché ancien ; Raymond Renard (1929-2002) était belge et décorateur de théâtre ; Christian Renard (né en 1941) et Emmanuelle Renard (née en 1963) sont contemporains. En cas de doute sur une signature, le style tranche immédiatement : personne d’autre ne travaille au calame sur fond d’empâtements.