Table d’atelier de Nicolas Badout avec pinceau et encre de Chine — talentsartistiques.com

Nicolas Badout : l’architecte lyonnais qui a troqué les plans pour l’encre de Chine

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Un architecte diplômé d’État qui passe ses nuits à tremper un pinceau dans l’encre de Chine plutôt qu’à dessiner des coupes : c’est, en une image, le chemin de Nicolas Badout. Né à Lyon en 1992, connu sous le pseudonyme nkl, il illustre, sérigraphie et peint des fresques murales. Son univers en clair-obscur, presque toujours en noir et blanc, tient autant du roman noir que du relevé d’architecte. Voici ce que révèlent son parcours, sa méthode et sa cote naissante.

Ce qu’il faut retenir

  • Technique signature : dessin au pinceau à l’encre de Chine et à l’acrylique, complété par la tablette graphique.
  • Série phare : L’Enfer (Sarbacane, mars 2025), première bande dessinée, d’après le film inachevé d’Henri-Georges Clouzot.
  • Style : clair-obscur noir et blanc, à la frontière du réel et de l’imaginaire.
  • Diffusion : galerie Paragone Concept, éditions Sarbacane et Monsieur Toussaint Louverture, fresques dans le Vieux-Lyon.

Qui est réellement Nicolas Badout ?

Nicolas Badout est un illustrateur, sérigraphe et muraliste lyonnais né en 1992, architecte diplômé d’État devenu artiste à plein temps. Il signe ses murs et ses estampes du pseudonyme nkl. Le double parcours n’a rien d’anecdotique : il explique la manière dont ses images sont construites.

Sa formation commence aux arts appliqués, à La Martinière Diderot, l’école lyonnaise qui forme depuis plus d’un siècle les dessinateurs de la ville. Elle se poursuit à l’École nationale supérieure d’architecture de Montpellier. Deux grammaires, donc. L’une enseigne la ligne, le cadrage, la perspective. L’autre enseigne le récit par l’image.

En 2020, il rejoint la promotion du programme d’incubation omart, qui accompagne de jeunes artistes vers le marché. L’année charnière est 2024 : ses fresques « Le Vieux-Lyon, terre d’accueil » sont exposées place de la Basoche, dans la cour du Palais épiscopal Saint-Jean, du 27 septembre au 11 novembre, dans le cadre de la plateforme Résonance de la 17e Biennale d’art contemporain de Lyon. Entrée libre, tous les jours de 9 h à 20 h : le grand public découvre son travail dans la rue avant de le découvrir en galerie.

Son atelier reste lyonnais, son terrain aussi. Les amateurs de street art repèrent ses interventions dans le 5e arrondissement, notamment rue de la Bombarde, à quelques pas des traboules. Au fond, Badout n’a jamais vraiment quitté l’architecture : il a simplement changé d’outil.

Quelle est la technique de Nicolas Badout ?

La technique de Nicolas Badout repose sur le dessin au pinceau, à l’encre de Chine ou à l’acrylique, souvent complété au marqueur et retravaillé sur tablette graphique. Pas de plume, pas de trait de contour froid. Le pinceau, parce qu’il épaissit, hésite, se charge.

Ce choix d’outil produit la signature visuelle de l’artiste : un clair-obscur dense, où les noirs ne sont pas des aplats décoratifs mais des masses qui avalent une partie de l’information. Le lecteur complète. C’est tout le sujet. Ses scènes figuratives tiennent à la fois du relevé précis — façades, toitures, intérieurs — et de l’hallucination.

L’artiste résume lui-même cette tension d’une phrase, citée par omart : « Ce qui effraie le plus, ce n’est pas la réalité, mais ce qu’on imagine qu’elle cache. »

L’évolution récente est notable. Longtemps cantonné au noir et blanc strict, il introduit désormais la couleur de façon parcimonieuse, par éclaboussures narratives, pour accentuer l’étouffement d’une scène. Sur les murs, il abandonne l’encre pour l’acrylique et le marqueur, contraintes de l’extérieur obligent, sans perdre la densité du trait. Le passage de la feuille au mur l’a aussi obligé à penser la distance de lecture : une image lue à trente centimètres ne se compose pas comme une image lue à dix mètres.

Où Nicolas Badout puise-t-il ses inspirations ?

Nicolas Badout puise d’abord dans la littérature, ensuite dans l’actualité. Les deux sources se répondent : des récits longs, des mondes clos, des personnages qui se défont.

Le cas le plus parlant reste sa rencontre avec Ken Kesey. Pour l’édition Wakonda d’Et quelquefois j’ai comme une grande idée, publiée par Monsieur Toussaint Louverture, il réalise quatorze dessins, plus la couverture et la quatrième. L’éditeur annonce plus de 250 heures de travail pour l’ensemble. Dix-huit heures par image, en moyenne, pour un livre de 764 pages tiré à 1 000 exemplaires numérotés. Le chiffre dit mieux que n’importe quel discours le rapport de l’artiste au temps.

Le roman raconte une famille de bûcherons de l’Oregon dressée contre les ouvriers syndiqués. Forêt, pluie, huîs clos familial : exactement le genre de matière que le clair-obscur sait porter.

L’autre veine est urbaine. Lyon, ses toits, ses cours, ses passages — un vocabulaire d’architecte réinvesti par le dessin. Comme le peintre Deka, passé de la bombe au chevalet, Badout circule entre la rue et l’atelier sans traiter l’une comme le brouillon de l’autre.

L’Enfer, l’œuvre phare de Nicolas Badout

La série phare de Nicolas Badout est L’Enfer, sa première bande dessinée, parue aux éditions Sarbacane le 5 mars 2025. Un album cartonné de grand format (220 × 300 mm), autour de 172 pages, vendu 26 euros.

Le projet part d’un fantôme du cinéma français : le film inachevé d’Henri-Georges Clouzot, abandonné en 1964 après quelques semaines de tournage. L’histoire, située dans les années 1960, suit Marcel, dont la jalousie vire à la paranoïa et aux hallucinations autour de sa femme Odette. Badout ne « met pas en images » un scénario : il reconstitue, il comble, il interprète.

Dans l’avant-propos de l’album, il écrit : « Soixante ans après ce projet avorté, l’ouvrage que vous tenez entre les mains est le fruit de nombreuses recherches, comme un pont entre tous les écrits, films, documentaires, qui ont été réalisés sur le sujet » (cité par franceinfo).

La réception a été franchement bonne. Franceinfo parle d’une adaptation « extraordinaire » et d’une « réussite totale » sur les plans graphique, scénaristique et narratif. Pour un premier album signé par un illustrateur de 33 ans, l’accueil change la donne : il fait passer Badout du statut d’artiste régional à celui d’auteur repéré nationalement.

Comment décorer son intérieur avec les œuvres de Nicolas Badout ?

Une image de Nicolas Badout s’accroche comme une photographie de reportage : seule, à hauteur d’œil, sur un mur qui ne lui fait pas concurrence. Son noir et blanc dense a besoin d’air.

  • Le mur : blanc cassé, gris perle ou beige sable. Un mur coloré saturé éteint le clair-obscur au lieu de le servir.
  • L’encadrement : caisse américaine noire ou baguette fine en chêne clair, avec une marie-louise large. Le blanc du passe-partout prolonge le blanc du papier.
  • L’éclairage : une lumière rasante, chaude (2 700 K), placée latéralement. À éviter absolument, le spot frontal : il écrase les gris et fait briller l’encre.
  • Les styles compatibles : industriel, scandinave sombre, haussmannien dépouillé, loft contemporain. Les intérieurs très colorés ou très chargés fonctionnent mal.
  • L’accrochage : centre de l’œuvre à 150-155 cm du sol, et au moins 15 cm d’écart avec tout autre cadre si vous composez un mur de plusieurs pièces.

Un conseil de conservation, souvent oublié : les encres et les tirages craignent la lumière directe. Un mur face à une baie plein sud fera pâlir les gris en quelques années. Préférez un mur perpendiculaire à la source de lumière. Pour qui aime cette radicalité du monochrome, l’histoire du noir absolu dans l’art contemporain éclaire utilement ce que le noir fait à un espace.

Quelle est la cote de Nicolas Badout sur le marché ?

La cote de Nicolas Badout reste en construction : aucun passage documenté en vente publique à ce jour. Son marché passe aujourd’hui par l’édition, la galerie et la vente directe, pas par les enchères. C’est le profil classique d’un artiste de 33 ans en phase de reconnaissance.

Type d’œuvre Période Prix observés
Album L’Enfer (Sarbacane, cartonné) 2025 26 €
Édition Wakonda illustrée, 1 000 ex. numérotés avec ex-libris signé Monsieur Toussaint Louverture 49,50 €
Tirages et estampes (boutique de l’artiste) Production courante Vente directe, prix selon format
Originaux à l’encre et acrylique 2020-2026 Sur demande — plusieurs pièces non proposées à la vente

Le marché est donc accessible et non spéculatif. Un collectionneur débutant peut entrer par l’édition limitée pour moins de 50 euros, ce qui est rare. L’élan critique de L’Enfer et la visibilité acquise lors de la Biennale 2024 constituent toutefois deux signaux à surveiller : ce sont généralement les planches originales de première BD qui prennent de la valeur en premier.

Où acheter ? Sur le site officiel de l’artiste, qui héberge sa boutique ; auprès de la galerie Paragone Concept, qui le représente ; en librairie pour les deux ouvrages ; et sur les salons de l’illustration où il présente ses tirages. Pour les originaux et les planches, le contact direct avec la galerie reste la voie la plus sûre.

À retenir

  • Nicolas Badout, né à Lyon en 1992, est architecte diplômé d’État devenu illustrateur et muraliste sous le pseudonyme nkl.
  • Sa technique associe le pinceau à l’encre de Chine, l’acrylique et la tablette graphique, pour un clair-obscur presque toujours en noir et blanc.
  • L’Enfer (Sarbacane, 2025), adapté du film inachevé de Clouzot, est son œuvre la plus remarquée.
  • Son marché passe par l’édition et la galerie, sans cote en salle des ventes : entrée possible sous 50 euros.
  • Ses œuvres demandent un mur neutre et une lumière rasante pour conserver leur profondeur.

FAQ

Qui est Nicolas Badout ?
Un illustrateur, sérigraphe et muraliste français né à Lyon en 1992, architecte diplômé d’État, qui signe ses œuvres urbaines sous le pseudonyme nkl.

Quelle technique utilise Nicolas Badout ?
Principalement le dessin au pinceau à l’encre de Chine et à l’acrylique, complété par le marqueur sur les fresques et par la tablette graphique en finition numérique.

Quelle est l’œuvre la plus connue de Nicolas Badout ?
L’Enfer, sa première bande dessinée publiée chez Sarbacane le 5 mars 2025, adaptée du film inachevé d’Henri-Georges Clouzot.

Où voir les fresques de Nicolas Badout ?
Dans le Vieux-Lyon, notamment dans le 5e arrondissement. Ses fresques « Le Vieux-Lyon, terre d’accueil » ont été présentées place de la Basoche à l’automne 2024, dans le cadre de la plateforme Résonance de la Biennale d’art contemporain de Lyon.

Comment acheter une œuvre de Nicolas Badout ?
Via la boutique de son site officiel pour les tirages, auprès de la galerie Paragone Concept pour les pièces originales, et en librairie pour ses livres illustrés. Ses œuvres ne sont pas encore passées en vente aux enchères publiques documentées.

Reste une question que son travail pose sans jamais y répondre : combien de temps un artiste peut-il tenir les deux bouts — le mur ouvert à tous, gratuit, exposé à la pluie, et la planche originale destinée à un collectionneur ? Badout n’a pas tranché. C’est peut-être précisément ce refus de choisir qui rend ses noirs aussi habités.